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Toujours plus gros, toujours plus cher. Réflexions autour de l'évolution du jds.

Toujours plus gros, toujours plus cher. Réflexions autour de l'évolution du jds.

Richesses du monde

 

Tric Trac

Black Angel

Tric Trac


Le premier est un jeu Christian Pachis édité par Nathan dans lequel on exploite les ressources de la planète. Le second, de Sebastien Dujardin, Xavier Georges et Alain Orban est édité par Pearl Games. Dans ce dernier, les ressources de la Terre sont épuisées et l’humanité prend la route des étoiles afin de trouver un nouveau foyer.

 

Qu’est-ce qui sépare ses deux jeux ? 

 

Ne cherchez pas, c’est une question rhétorique. La réponse est : un demi-siècle. Il s’est passé cinquante ans entre le capitalisme décomplexé de 1969 et l’apocalypse écologique de 2019. Et pour remettre les choses dans leur contexte, 1969 c’est juste quelques années avant la première crise pétrolière.

 

Vous allez peut-être me dire que ça ne veut rien dire. Un thème de jeu de gestion c’est qu’une jolie vitrine. On aurait très bien pu vendre des pommes de terre et des carottes ou ouvrir des comptoirs commerciaux à l’époque coloniale ça nous aurait sans doute fait une belle jambe.

 

Comme beaucoup d’entre vous, une fois immergé dans les mécaniques, j’en oublie souvent le contexte. Le bois devient un cube marron et le robot, le paysan ou l’ouvrier s’efface au profit d’un terme plus générique comme “pion” ou “meeple”. Pourtant, un thème c’est une véritable décision éditoriale. Si un thème est choisi plutôt qu’un autre, c’est qu’on espère plaire, intéresser ou rassurer le joueur visé. 

 

Au-delà de la nostalgie discutable des splendeurs européennes d’antan -très bien décrite par Bruno Faidutti dans un de ces articles (je vous laisse le lien ici)- l’époque coloniale est souvent choisie par les éditeurs car elle est devenue familière au joueur de jeu de gestion. C’est l’effet vieille pantoufle. Le joueur passionné a déjà vendu de l’indigo à Puerto Rico, du rhum à Cuba et des diamants à Mombasa. Il est en terrain conquis.

 

D’autres thèmes reviennent souvent comme l’antiquité ou le moyen-âge. On ne compte plus les jeux nous mettant dans la peau d’un empereur romain ou d’un marchand de la très germanique ligue hanséatique. En tout cas c’est toujours des moments marquants de l’histoire européenne. Pas étonnant qu’on nomme ces jeux “eurogames” outre-atlantique.

 

Alors pourquoi voit-on apparaître récemment des thèmes plus apocalyptiques. Black Angel mais aussi Underwater Cities ou Anachrony. On y pense pas comme des jeux post-apo mais dans les trois cas nous cherchons des solutions à une terre qui est (ou devient) invivable soit dans l’espace, soit sous la mer, voire carrément dans le temps. J’aurais pu en citer d’autres comme Outlive, Otys ou Paris New Eden... Je pense honnêtement qu’on tient une tendance de fond. Elle ne noie pas le marché mais s’impose petit à petit comme une alternative aux thèmes classiques du genre.

 

Alors pourquoi cette nouvelle tendance ? Parce que c’est à la fois nouveau et très parlant pour nous, joueurs contemporains. Et peut-être, je dis bien peut-être qu’exploiter sans discernement la planète en général et l’afrique en particulier devenait de plus en plus gênant moralement.

 

Est-ce qu’on aurait enfin atteint la maturité de milieu ludique ? On aurait enfin compris que le jeu de société n’est pas que du divertissement ? Qu’il véhicule aussi des valeurs et des idées ? 

 

J’en doute.

 

Parce qu’il est bien mignon le petit encart sur la tranche de la boîte de Black Angel. Celui qui nous rappelle qu’on a qu’une planète et qu’il serait bien d’en prendre soin. Mais quand on voit la situation du marché actuel du jeu de société, c’est pas génial niveau prise de conscience. En cinq ans, les boîtes de jeu de gestion ont grossis et se sont gavés de matériel. 

 

Je dirais qu’à peu près depuis le succès de Splendor et de ces jetons de poker, en 2014, les éditeurs ont compris que le plaisir du jeu passait aussi par du matériel agréable à manipuler. Ils ont même un peu trop retenu la leçon.

 

Est-ce que je leur en veux ? Pas à la plupart. Derrière la majorité des éditeurs se cachent une ou deux personnes qui serrent les fesses à la sortie de chacun de leur jeu. Un échec et c’est la mort : Ils n’ont pas d’autres choix que de suivre la tendance.  

 

J’en veux nettement plus aux grosses locomotives. Ces éditeurs qui ont à la fois le pognon et la renommée. Parce que c’est eux qui font et défont les tendances. Ou, en tout cas, qui les font perdurer.

 

J’en veux aussi à kickstarter qui ne fait jamais mieux le plein qu’avec des promesses extravagantes de plateaux triples épaisseurs (comme le PQ) et de figurines dans tous les sens pour des jeux qui n’en ont pas forcément besoin pour être intéressants.

 

Mais j’en veux surtout au joueur-consommateur. Celui qui, il y a 5 ans, ne mettait pas plus de 40 euros dans un jeu et maintenant claque, tout guilleret, le double dans une édition collector. Tout ça parce que des plateaux individuels creusés “c’est génial tu comprends, les cubes ne bougent pas”. Et je le connais bien ce genre de joueur. J’en suis un.

 

Ce qui est marrant quand je compare le jeu de société et le jeu vidéo (dont je suis aussi friand) c’est que ma consommation n’a rien à voir. Je n’achète jamais un jeu vidéo à sa sortie, je lis consciencieusement les critiques et attends les baisses de prix sur les plateformes de vente dématérialisées (GOG, Epic Games Store et Steam. Les trois à la fois, comme ça pas de jaloux). Le jeu de société, je suis beaucoup plus soumis à la “hype”. J’achète parfois compulsivement des jeux dont tout le monde parle. Et il m’arrive souvent de finir déçu. Pas forcément parce que le jeu n’était pas bon. Non. Comme beaucoup de monde, je pense que la qualité des productions ludiques n’a jamais été aussi grande. Mais parce qu’il répondait plus à une envie fugace qu’à un réel besoin ludique. 

 

Alors il vient d’où le problème ?  

 

Le problème, c’est un peu le marché lui-même. Avec les plateformes dématérialisées les jeux vidéos sont toujours accessibles, on peut se permettre d’attendre. Avec la... saturation ? du marché du jeu de société, les jeux disparaissent vite des rayonnages poussés vers l’oubli par toujours de plus de nouveautés. Si on veut être sûr d’y jouer, il faut l’acheter sinon on court le risque de ne plus le retrouver boutique, et d’attendre une disponibilité dans le marché de l’occasion qui parfois perd aussi la tête. On se retrouve pris au piège dans cette urgence qui nous pousse parfois à l’achat irraisonné... et à la déception.

 

Et ce n’est pas qu’un problème pour les joueurs. Pour les éditeurs, il faut trouver des moyens de démarquer son jeu de la prolifique concurrence. Et une grosse boite avec beaucoup de beaux matériels, ça se voit, ça fait envie. Ca fait vendre.

 

Vous l’aurez compris, le côté écologique et financier de cette tendance me gêne. Mais y’a également le soucis de l’accessibilité. Avec un ticket d’entrée de plus en plus cher, le jeu de stratégie sera bientôt un loisir de riche. Mais ça va ! Le jeu d’ambiance est épargné ! La taxe est seulement pour ceux qui veulent réfléchir.

 

Et j’exagère à peine. Alors quand on parle de démocratisation du jeu de société et qu’on pratique ce genre de tarif, c’est comme si on creusait un fossé entre les joueurs. Elitisme quand tu nous tiens...

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Commentaires (72)

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aleph71
aleph71
Article très moralisateur. Jugement péremptoire sur des individus à partir d’un détail, d’un comportement marginal (l’achat de jeux de société) : " Tu as beaucoup de jeux de société ? Maudit sois-tu gros pollueur".
Aussi vertueux que je puisse l’être mes jeux de société ne représenteront durant ma vie qu’une part infiniment petite du total des déchets, de la « pollution » que j’aurais engendré. Cela ne reflètera de toute façon pas qui je suis.
Ça me fait penser à cette cliente qui, d’un air de dégoût s’exclama en regardant s’en aller un de mes amis dans sa vieille BX crachant des fumées noires : « vraiment il n’a pas honte de polluer de la sorte ».
En effet, il n'a pas de Zoé électrique flambant neuve.
Pire, Il se chauffe au bois, n’a pas chez lui d’ampoules basses consommation.
Cependant cet ami est autosuffisant alimentairement, il n’a pas de télé, ordi. Il se lève au chant du coq et se couche le soir quand il fait noir (chez lui pas d’illuminations toute la soirée : du coup ses ampoules ont la vie longue et il n’éprouve pas le besoin irrésistible de les jeter pour acheter le dernier luminaire ultra peu énergivore à la mode pour montrer qu’il est écoresponsable).
Chez lui il ne fait pas toujours chaud : ça lui importe peu car il est plus souvent dehors que dedans et que de toute façon il suffit de se couvrir pour ne pas avoir froid.
Cet ami recycle tous ses déchets, même ses propres déchets organiques qui lui permettent de faire pousser ses légumes (dont une partie sera vendue à une clientèle bourgeoise avide de produits bio : il est un peu maraicher).
Il n’utilise que très rarement sa vieille BX (en 30 ans elle affiche à peine 100 000 km au compteur) et n’a jamais pris l’avion ou le TGV. Il laboure avec ses ânes.
Cet ami a de vieux vêtements rapiécés.
MAIS il mérite d’être sanctionné car il ne fait guère d’effort : il n'a pas changé ses habitudes pour sauver la planète (il continue à rouler en BX, à s'éclairer avec de vieilles ampoules et de se chauffer avec un poêle à bois). ET il achète des jeux de société parfois.
Enfin, cet ami et tous mes autres amis (qui vivent quasiment tous un peu comme ça) ne portent pas de jugement sur les gens, ils ne donnent pas de leçon de morale, ne se fient pas aux apparences.
XavO
XavO
L'écologie, c'est comme la diététique ou l'hygiène. Ça emmerde tout le monde, mais faut y passer. Je suis donc content de voir que le grand temple de la consommation qu'est devenu TT commence à donner des signes de lucidité. Il était temps. Des articles existent sur ce sujet sur le web depuis quelques temps (Gus and co, Ludovox...). J’ai moi-même écrit plusieurs articles sur Ludigaume, il y a maintenant plus d'un an (http://www.ludigaume.be/lg_article.php?id=258). La Radio des jeux a également traité ce sujet. Gus and co et Ludigaume ont mis en place un Ecoscore sur chaque fiche de jeux (plein de défauts mais il a le mérite d'être en place). A quand sur TT ?
Le problème est tout simple : nous avons théoriquement consommé les ressources de la Terre début mai en France (en août pour la planète). L'effort à fournir est donc une réduction de notre empreinte de l'ordre de 59%. Je vous laisse vous représenter ce que cela veut dire. 59% de moins d'objets, de services, de déplacements, de nourriture..etc. Les études montrent que les ménages, vous et moi, pouvons agir pour 25% concernant l'empreinte carbone, le reste appartient aux collectivités et aux entreprises. Vous avez maintenant une idée de l'effort que cela implique. Evidemment, la consommation de jeux doit être questionnée. Déjà parce qu’il est plus aisé de lever le pied dans ses achats de jeux que dans le chauffage de sa maison ou ses trajets quotidiens. Ensuite parce que la consommation a ceci de particulier qu'elle va orienter l'ensemble de l'économie : c'est un choix individuel qui a une répercussion collective (et donc on tape dans les 75% restant pour l'empreinte carbone). Merci le capitalisme (qui n'a pas que des défauts, loin de là). Le secteur a vraiment besoin de se métamorphoser. Il y a trop de jeux, pas assez chers, produits trop loin et trop souvent avec des matériaux plastiques. Cela doit changer. Cela va changer.
Monsieur Guillaume
Monsieur Guillaume
Cela doit changer... Cela va changer... Mais si le choix individuel peut avoir une répercussion collective, pourquoi ne pas faire le choix également de ne plus utiliser les réseaux sociaux, internet, ses recherches et ses messages sur serveurs énergivore et à l'empreinte carbone non négligeable ? Je reste surpris, encore et toujours, d'une apparente contradiction entre l'accusation sur le "grand temple de la consommation" et l'attitude personnelle teintée d'une once de "faites ce que je dis mais pas ce que je fais". Ce n'est pas une accusation, qu'on se comprenne bien... mais pour moi une contradiction apparente que je ne comprends pas ! Je fais ce que je peux pour l'écologie par mes actes... et comme ceux-ci demeurent bien insuffisant par rapport à ce que je pourrai faire si je le décidai vraiment en sacrifiant des tas de choses dans ma vie, et bien, je ne me sens pas de faire la morale aux autres, n'étant pas moi-même complètement au clair dans mes actes. Voilà pourquoi je ne comprends pas cette contradiction. Merci XavO, si c'est possible de m'aider à comprendre :)
XavO
XavO
Moi non plus je ne comprends pas cette contradiction. Car je n'en vois aucune. De quoi parlez-vous ? L'existence de cette contradiction implique que si j'affirme que l'on doit réduire son empreinte environnementale, je ne dois pas avoir du tout d'empreinte. Je parle de réduire de 59% son empreinte. Cela ne veut pas dire 100%. Prenons mon exemple pour illustrer l'absence de contradiction. J'ai considérablement modifié mon usage d'Internet et de l'informatique : presque plus de réseaux sociaux, orientation sur le militantisme (ce que je fais ici même), l'information sur des thématiques sociétales (nécessaires à exercer son rôle de citoyen)...etc, sans compter sur le plan physique : extinction du PC qui ne sert plus, pas de wifi, prise multiple qui coupe tout, PC d'occasion uniquement. Je consomme encore pas mal de jeux en ligne, c'est pas glorieux et dispensable. Néanmoins sachez que mon empreinte est surtout lié aux déplacements du fait de mon métier. Sur ce point là, j'ai beaucoup fait également en particulier en privilégiant le train et les transports en commun (plus d'avion ou de taxi). Je m’investis également sur la thématique dans mon entreprise et au sein de ma communauté professionnelle. Je crois que chacun est souverain pour déterminer où il souhaite faire cet effort et où il ne le souhaite pas. Mais chacun doit faire sa part et être ouvert à la critique car l'enjeu est collectif. Ceci étant dit, cela n'empêche pas le débat. "Cela doit changer. Cela va changer." signifie en premier lieu que pour le monde scientifique le système actuel est écologiquement intenable et j'en déduis donc qu'il y a une obligation physique de changement et qu'elle viendra, quoiqu'on fasse. Ce qui me gène dans votre message, c'est que plus personne ne peut plus rien dire sous prétexte qu'il ne serait pas parfait et ferait la morale. Réduit à la caricature, cela donne l'argument "mais tu me dis de ne pas faire ma vidange dans la nature et toi tu rejettes du CO2 en respirant". Vous pouvez très bien exprimer des positions, avancer des analyses et même partager vos interrogations, sans faire la morale aux autres ! Il leur suffit de répondre sur le fond et d'éviter les arguments ad hominem qui ne mènent nul part.
Proute
Proute
Je suis plutôt d'accord avec XavO. J'ai l'impression qu'aujourd'hui on tire sur l'ambulance parce qu'on ne se sent pas à l'aise avec son propre comportement, justement. Mais ce n'est pas comme ça qu'on va pouvoir réduire les dégâts de ce qui se produira de toute façons.
Monsieur Guillaume
Monsieur Guillaume
Ah mais je comprends parfaitement... et peut-être que je me fais un peu l'avocat du diable en disant tout ça, mais c'est bien là que ce n'est pas évident, je trouve : "avancer des analyses, exprimer des positions... sans faire la morale aux autres" Ben oui, mais à partir du moment où tu arrives avec des grands discours (comme les miens, d'ailleurs et la preuve, ça réagit de suite en "non mais dites-donc, c'est bon, hein, je sais ce que je dis, non mais..." ), avec des reproches, directement ou indirectement à quelqu'un... ben y'a pas... tu lui fais la morale suivant ta propre échelle de valeur. C'est comme aller dire à un autre pays : "non, arrêtez, avoir deux grosses voitures, ça le fait pas pour la planète, on s'en rend compte maintenant"... c'est bien, on peut le dire, mais rien n'empêchera l'autre pays de dire : "merci, c'est gentil à vous de dire ça, mais vous, vous vous êtes bien fait plaisir pendant des années sans vous préoccupez de rien, et là, vous arrivez avec votre panache blanc... merci les pays industrialisés, mais nous allons essayer d'avoir notre part... à vous de ramer pour sauver ce qui peut l'être, non mais !"... Et je ne dis pas que c'est "adulte" comme comportement, mais éducativement parlant, je vois bien que "mes ados" souhaitent faire leurs expériences en envoyant un peu péter les miennes parce que, on sait jamais !!!... On ne comprend jamais aussi bien que par soi-même et par une expérience intériorisée et faite sienne. Donc après avoir consommé du jeu de société à haute dose, arriver ensuite pour dire "non, stop, n'en jetez plus"... et bien il n'est pas non plus anormal que certains répondent : "hey, c'est bon, si je veux tenter ma chance, je le fais... vous en avez bien profité, alors pourquoi pas moi ?"... et quelque part, c'est vrai : "pourquoi pas lui ?"... la liberté des uns qui commencent où celle des autres finit, tout ça, tout ça... :D

Voilà, ne mordez pas, je parle bien d'une contradiction apparente pour moi, que je ne comprends pas... et vous y avez répondu. Merci.
XavO
XavO
Je suis heureux de constater que la contradiction apparente a disparu. Il reste quelques points de désaccord...
Quand mon gamin fait une connerie, oui, parfois, je le réprimande, lui explique ce qui est mal dans ce qu'il a fait, ce qu'il doit faire de bien et CELA NE SE DISCUTE PAS. Pour moi c'est ça faire la morale. Imposer son point de vue, drapé dans es valeurs. Si je vous dis que TT est devenu un grand temple de la consommation et que je demande quand cette question sera prise en compte ici, je ne vous fais pas du tout la morale. Je vous fais part de mon avis (qui peut être contredit) et de mon interrogation (à laquelle vous pouvez choisir ou non de répondre). Mais admettons votre point de vue et donc que je vous fasse la morale. Donc la discussion doit s’arrêter ? On peut se dispenser d'agir ? "Allez hop, lui il fait la morale alors c'est bon les gars, il n'y a plus de problème on fait comme on veut" ? Non. Le problème reste entier. Alors pourquoi ne pas en discuter et tergiverser à discuter d'autre chose ?
Vous avancez ensuite un argument dangereux : celui de la légitimité à faire une connerie sous prétexte que d'autres l'ont faite par le passé. L'argument est dangereux car appliqué à l'ensemble de la sphère publique, il nous conduit à mon avis droit dans le chaos. Il est également dangereux car il implique que le niveau d'information et la situation actuelle sont équivalentes aujourd'hui et avant, à savoir il y a 5, 10 ou 20 ans. "ouais ben papy il allait se baigner dans ce lac quand il était petit, alors, pollué ou pas, j'y vais !". Outre sa dangerosité, vous avouerez que l'argument fait peu appel à l'intelligence. "Attends l'autre il s'amuse à rouler à contre-sens, j'ai le droit de faire pareil !". Cela fait plus de 10 ans que des personnes expliquent que le secteur des jeux de société est frappé par la surconsommation, plus de 10 ans que des personnes font le constat qu'elles jouent bien trop souvent une unique fois à leurs jeux et qu'elles ont des jeux sous cello qui ne seront surement jamais joués. Les alertes du monde de la recherche sur la question écologique ont été reprises jusqu'à plus soif ces dernières années dans les plus grands médias. Le niveau d'information de monsieur tout le monde sur le sujet me semble important. Aujourd'hui, beaucoup de personnes ont une consommation raisonnée de tout, il l'appliquent aux jeux sans jamais avoir été des boulimiques. Tout cela n'a rien à voir avec la liberté. Le monde a changé mais je crois que la représentation que nous en avons a encore plus largement évoluée en intégrant le fait environnemental. Je pense que les expériences que nous avons tenté jeunes seront à jamais différentes de celles de nos enfants. Je suis entièrement d'accord avec vous sur le fait qu'ils doivent au maximum faire leurs propres expériences, quitte à se prendre quelque revers, gadins et autres déconvenues. Mais j'ai aussi une grande confiance de le sens des responsabilités de mes enfants. Ils ne voient absolument pas les possibles en intégrant le monde tel qu'il était il y a 20 ou 30 ans. Ils sont dans le présent. Ils ont intégré le changement. Ils savent quel est l'état du monde que nous leur laissons et pourquoi il est ainsi.
Et donc, pour en venir au fait, TT dans tout ça ? Comment intégrez-vous ces changements ?
Monsieur Guillaume
Monsieur Guillaume
"Je suis donc content de voir que le grand temple de la consommation qu'est devenu TT commence à donner des signes de lucidité. Il était temps." C'est ce que vous aviez écrit et je n'y vois pas, personnellement, les éléments qui indiquent que c'est un avis. La phrase semble bien établir un fait, une vérité.

"Mais chacun doit faire sa part et être ouvert à la critique car l'enjeu est collectif. Ceci étant dit, cela n'empêche pas le débat. "Cela doit changer. Cela va changer." signifie en premier lieu que pour le monde scientifique le système actuel est écologiquement intenable et j'en déduis donc qu'il y a une obligation physique de changement et qu'elle viendra, quoiqu'on fasse"... une obligation physique de changement qui viendrait quoi qu'on fasse... Et bien non, je ne suis pas d'accord. Des gens détruisent leur propre vie à coup de clopes, alcools, drogues ou autres comportements néfastes pour eux... et leur entourage... et pourtant leur corps réclame une "obligation physique de changement" et ils n'en font rien. Du coup, arriver et discuter, ok, mais arriver et juger (à mon sens une fois encore)... ben je vais juger aussi : "j'aime pas, voilà!"... Oui, on peut discuter mais si on arrive avec ses grands airs (oui c'est un jugement et visiblement il ne vous a pas plu non plus, preuve que, même si c'est en réponse, ça fait jamais plaisir), il ne faut pas forcément s'étonner que ça braque en face.

Vous trouvez que mes arguments sont dangereux, et vous avez bien raison... qu'ils font peu appel à l'intelligence... et vous avez bien raison... mais là encore... malheureusement... peu importe tant que le changement est "imposé" à coup de gnagnagna. Le changement dont vous parlez doit venir d'une décision personnelle ! A partir du moment où notre société fait grand cas de l'individu au détriment du collectif, du consumérisme au mépris de l'humilité... et tant d'autres, qui, oui qui, et surtout au nom de quoi (puisque même les lois sont à géométrie variable) viendrait dire quoi que ce soit ? Qui, par exemple, et au nom de quoi, viendrait s'arroger le droit de dire à un futur éditeur : "il y a trop de jeux et le tien n'est pas suffisamment bon, donc tu n'as pas le droit de l'éditer ?"... ça conduirait à une forme (qui existe déjà malheureusement de façon insidieuse : "toi, tu as le droit de vivre et pas toi"... Il faudrait donc que sur TT, la rédaction s'arroge le droit de dire d'un jeu "celui-là ne méritait pas d'être édité" et "celui-là oui"... mais au nom de quoi ? De la planète ? Et si celui de chez Smith en face, il pense le contraire sur les jeux, on fait quoi ? un conciliabule ? L'un élimine l'autre pour qu'il n'y ait plus qu'une vérité ?


Enfin, comme vous avez une grande confiance en nos enfants, comme le niveau d'information de monsieur tout le monde vous semble important, que le changement est intégré, alors les choses vont s'améliorer. Donc restons positif ! Vous comptez sur l'intelligence des gens pour prendre les bonnes décisions, ça tombe bien, nous aussi. Nous ne parlons pas de tous les jeux (même si je doute sincèrement du fait qu'il y a déjà 10 ans que certains alertent sur la trop grande multiplication de titres dans le domaine du jeu), nous parlons de cette profusion, des "ok games" qui ne sont pas les mêmes pour tout le monde, ce qui n'arrange rien... mais je le répète, s'il y a changement, il sera personnel et ne sera pas dans le "vous devez faire ça pour faire bien". Il n'est pas question que je dicte les actes des autres, même pour une fin bonne en soi. Un moyen mauvais, ici une forme de dictature, de pression, que j'ai trouvé dans le ton plus que le fond qui est bien vrai, bien sûr, forme qui m'a fait réagir en fait, ne justifiera jamais aucune fin bonne en soi.
XavO
XavO
Vous me dites que je me trompe. Vous suggérez que je ne dois pas dire telle ou telle chose ou de telle ou telle manière, que je ne dois pas faire telle ou telle chose. Et vous prétendez défendre le point de vue de la liberté … Je crois que ce que vous défendez surtout c’est une absence flagrante d’argument face à ce qui vous a agressé « le grand temple de la consommation qu'est devenu TT ». Vous tournez autour de pot. Tout ce que je vois dans vos réponses ici, sur ce post, c’est un discours fuyant, qui par relativisme, des arguments ad hominem et finalement une moralisation importante élude le sujet.
Alors oui ; je provoque, je juge, je fais la morale, je suis pédant, bourré de grands aires, drapé de certitudes et tout ce que vous voudrez. Admettons, d’autant plus que ce n’est pas tout à fait faux. Vous m’accorderez au moins une certaine persévérance guidée par l’envie que vous vous positionniez enfin sur le sujet. Maintenant que nous sommes d’accord sur le fait que je suis un individu parfaitement insupportable, allez-vous entrer enfin dans le sujet : la consommation de jeux de société et la responsabilité de TT ?
Pourquoi je pense que TT est un grand temple de la consommation en matière de jeux de société ? Vous parlez très majoritairement de produits. Vous vivez en partie de la publicité. informer sur la consommation de jeux de société, c’est votre cœur de métier. Je me trompe ? Argumentez plutôt que de me dire ce que j’ai le droit de dire ou de faire, ce qui est bien et ce qui est mal. Oui cent fois oui, le changement doit venir d’une décision personnelle ! Évidemment. Qui peut croire que TT ou un autre site vont donner un ordre à qui que ce soit ? Qui vous demande de décider qui doit éditer quoi ? Mais une décision cela se prend sur la base d’informations. Une décision cela se construit en référence à son groupe d’appartenance. Une décision n’est pas équivalente à un discours ou une action. Et donc, une décision, cela se construit aussi en allant sur TT pour voir ce que la rédaction en dit, la communauté en dit et qui fait quoi ! Comme vous faites bien votre métier, vous donnez des informations à beaucoup de monde pour prendre des décisions de consommation. C’est une évidence. Pourquoi informez-vous sur tant de dimensions des jeux de société et si peu sur l’enjeu environnemental ? Regardons votre dernier écrit, sur Ankh'Or . L’article finit par : « Du très bon que ce jeu, avec un excellent rapport prix/intérêt ludique dans toutes les configurations ! Vivement que nous vous le fassions découvrir dans la TTTV parce que, là, Approved direct ! ». En passant, pour quelqu’un qui fait appel à l’intelligence de ses lecteurs, vous concluez quand même pas mal sur ce qu’il faut penser du jeu ! Vous orientez la consommation. Je n’ai rien contre, c’est normal, c’est votre métier…. mais où est l’enjeu environnemental ? Moi j'ai besoin de savoir où est fait le jeu, s'il y a du plastique dedans...etc. l'info est absente. C’est pourtant une dimension sur laquelle vous pouvez également informer vos lecteurs qui décideront bien ce qu’ils veulent ensuite. N’est-ce pas votre responsabilité ?
Monsieur Phal
Monsieur Phal
Cher Monsieur Xavo,

Depuis toujours, le but de Tric Trac est d'aider les gens à ne pas se tromper de jeu, donc de présenter des jeux avec le maximum d'informations pour que le consommateur ne se retrouve pas avec un produit qui lui sert à rien, un jeu qu'il ne va pas utiliser. Tric Trac n'a pas été conçu pour que les gens achètent des brouettes entières de jeux. Non. C'est ce qu'est devenu le secteur qui veut ça, c'est ce que sont devenus les joueurs, c'est ce qu'est devenu la société dans laquelle nous vivons.

Tric Trac a toujours donné sa chance à tous les jeux. La folie de la consommation n'est en rien imputable au travail effectué ici. Si les gens décident d'acheter des dizaines de jeux tous les mois, ce n'est pas parce que Tric Trac les présente, c'est le cerveau humain qui a un soucis. J'ai vu la première fois que je suis allé à Essen en 2001 ou 2002, des gens remplir des coffres de voitures de boites de jeux. J'ai toujours trouvé cela dingue. Et en 2001 ou 2002, Tric Trac n'y était pour rien.

Quand à ce problème écologique, qui en est un et il faudrait être fou pour ne pas le voir, la seule chose que Tric Trac peut faire à l'heure actuelle, c'est expliquer aux joueurs qu'il faut rejouer aux jeux plutôt que de zapper de nouveauté en nouveauté. J'ai parlé de cette dérive de la consommation ludique, avant même de décider de quitter l'entreprise. Je la dénonce encore sans aucun problème. J'ai fait une vidéo il y a peu où je parle des phénomènes qui poussent à la consommation. J'ai participé à une discussion il y a une semaine en direct sur Tric Trac, discussion où j'ai parlé de cette folie et où j'ai évoqué la déconsommation. Donc Tric Trac n'est pas sourd du tout (peut-être êtes vous juste un peu myope). Mais la manière dont vous présentez la chose ici, le ton que vous employez est désagréable. Très désagréable. Tellement que vous arrivez à me faire réagir alors que j'ai quitté l'entreprise... :o) En fait, je dirais que votre ton dessert la cause.
Monsieur Guillaume
Monsieur Guillaume
Monsieur XavO. Relisez correctement mes phrases. Je ne dis pas que vous vous trompez, je dis que je ne suis pas d'accord. Je ne suggère rien, je dis que je n'aime pas la façon de dire les choses. Vous les avez dites, elles sont là et je n'ai pas moins que vous le droit de dire les choses comme je les penses... donc oui, point de vue de la liberté respecté :)

Les arguments sont bien là, non pas à tourner autour du pot. TT n'est pas le grand temple de la consommation puisque nous ne souhaitons pas vendre quelques choses, nous, en propre. Nous souhaitons qu'un joueur sache ce qu'il achète. Point ! Vous trouvez ça fuyant, vous en avez le droit. Vous trouvez que je "moralise", et j'en eu tout autant à votre honneur sur la forme de votre discours. Voilà.

Vous trouvez que nous parlons de "produit", je ne parle que de jeux. Nous informons sur la consommation de jeux de société, oui, et donc ? Vous pensez que nous la dictons ? Vous pensez que TT doit devenir un diktat de ce qui doit être acheter et ce qui ne doit pas l'être ? Vous pensez que TT doit donner des bons points vert et des mauvais points noirs pour sauver la planète ? Et bien faites-le, chevalier, là n'est pas notre mission puisque nous nous refusons à dicter quoi que ce soit. Vous voulez de l'information sur l'impact environnemental des jeux auxquels vous et nous jouons ? Traquez l'info, calculez, et procurez là nous et nous installerons l'indice Carbone de chaque boite de jeu sur la fiche. Si vous avez cru que nous étions une succursale de Greenpeace, c'est une erreur... et si vous voulez une affirmation, je n'ai pas l'envie de le faire. Mais si vous le voulez, faites-le à la place de parler des jeux post-modernes et de l'histoire ludique qui a abouti à cette situation que vous dénoncez.

Vous voulez savoir si TT est responsable de l'explosion de la production des jeux de société ? Oui, bien sûr, en partie... de la même façon que vous l'avez été à chaque fois que vous avez porté la bonne parole ludique en disant que le jeu de société, c'est cool, sympa, et qu'après une bonne partie, des amis à vous sont allés acheter des boites... Ni plus, ni moins... et d'autant moins que nous comptons même davantage que vous, à priori, sur l'intelligence des joueurs puisque nous n'estimons pas nécessaire de passer par un martelage dictatoriale d'informations environnementales puisque, comme vous le souligniez, ça va changer car les gens sont de plus en plus au courant. Ne me dites pas que vous croyez sincèrement que les gens ignorent que la plupart des jeux achetés viennent d'Asie ? Mais si vous pensez nécessaire d'informer sur ces aspects, la tribune sur TT vous est ouverte, si vous pensez qu'une discussion devrait avoir lieu en TTTV parce que vous trouvez que les papotaches autour de ces sujets ne sont pas suffisant, n'hésitez pas, donnez-moi votre date et parlons-en sur la TTTV. C'est un sujet passionnant et vous aurez le loisir d'expliciter votre point de vue, parole d'honneur.

Enfin, vous argumentez sur ma conclusion sur Ankh'Or. J'exprime qu'il a un excellent rapport prix/intérêt ludique donc un être normalement constitué comprend qu'avec le seul achat de ce jeu, il en a pour plusieurs parties... donc pas nécessaire d'en acheter plein d'autres, peut-être ? Le "vivement de le faire découvrir", c'est que nous l'avons bien aimé et que ça nous fera plaisir de partager le plaisir de cette découverte... c'est l'équivalent de "il faut l'acheter" pour vous ? Dites-moi que vous êtes plus fort que ces messages subliminaux pourris de mauvaises publicités si ça devait en être une ? Nous eussions dû dire "le jeu est vraiment intéressant, mais en raison de son impact carbone, n'achetez aucune boite afin que la planète soit protégée". J'exagère bien sûr, mais c'est pour montrer l'incongruité de ce double discours.
Vous terminez en le disant vous même : VOUS avez BESOIN de savoir où est fait le jeu, s'il y a du plastique dedans... et moi, non. Le jeu est un luxe, et donc quelque part inutile. Si je vais au bout de la réflexion, pour sauver la planète, j'interdis tous les jeux... tous... et en passant, je commence par d'autres éléments bien pire... mais il n'y a aucune raison qu'il y ait un passe droit pour le jeu. Donc, non, je ne me sens pas responsable de ce type d'information qui n'aurait d'autres sens que de dire "quitte à acheter des jeux, prenez le moins polluant"... pour se voir répondre "ah ben non, alors, celui-là, un tout petit peu plus polluant, il est plus beau, et il est meilleurs".... puisque une échelle de pollution universelle n'est pas d'actualité et que chacun, librement, mets son "curseur" en mode "où est ma pollution" où il veut. Mais si vous avez besoin de cette info, procurez-la nous et nous en ferons bonne usage ! Donnez l'info ici pour ceux qui en aurait besoin et tout le monde sera content. Vous pouvez trouver que c'est de notre responsabilité et je peux trouver que non.
XavO
XavO
Monsieur Guillaume.
Je ne vais pas pouvoir passer autant de temps cette fois-ci sur le message. Alors en mode rapide.
Pour moi, quand vous me dites " je doute sincèrement du fait qu'il y a déjà 10 ans que certains alertent sur la trop grande multiplication de titres dans le domaine du jeu", cela veut dire implicitement que vous pensez que je me trompe.
Pour moi, "Vous trouvez que nous parlons de "produit", je ne parle que de jeux. " n'a aucun sens : c’est la même chose dans 90% de vos interventions ici.
Vous me faites dire ce que je n'ai pas dit. Exemple : "Vous pensez que TT doit devenir un diktat de ce qui doit être acheter et ce qui ne doit pas l'être ?" alors que j'ai écrit : "Qui peut croire que TT ou un autre site vont donner un ordre à qui que ce soit ? Qui vous demande de décider qui doit éditer quoi ?".
Au final, je suis content. J'ai eu une réponse. Vous pensez autant influencer que moi la vente de jeux (!), vous pensez ne pas être un site consacré à la consommation et vous ne pensez pas nécessaire de fournir une quelconque information "écolo" sur les jeux. Pour info, le jour où je participerai de nouveau à TT les poules auront des dents. Je suis en complet désaccord avec la ligne éditoriale du site, que vous ne semblez n'avoir absolument pas compris, et ce que vous dites sur l'écologie me file des boutons (cela me rappelle votre article sur la croisière capitaine meeple, que j'ai trouvé très complaisant).
Merci pour l'énergie que vous avez passé à me répondre et sincèrement désolé pour le ton provoquant. C'est ma manière de débattre sur le net.
Je n'en rajouterai pas et je laisse à chacun le soin de se faire son propre avis.
XavO
XavO
Pour confirmer que des joueurs s'interrogent depuis plus de 10 ans sur la multiplication des titres :
https://www.trictrac.net/forum/sujet/trop-de-jeux-ou-pas
kirali7009
kirali7009
ah ah ah des qu'on critique tric trac phal le grand donneur de lecon qui ne voit que son nombril rapplique ^^
pat77
pat77
Ce qui es bien avec le jeu de société c'est qu un riche peu jouer avec trois pauvres. Bel article qui me laisse un sentiment personnel mitigé (je consomme mais je partage )
Squell
Squell
Article fort bien écrit et dont je partage l'essentiel du contenu. J'ai un jeu dans mon grenier acheté il y a 5 ans au moins qui a encore son plastique de protection. Pas encore eu le temps ou le courage d'y jouer. Je croyais être sérieux et finalement je ne le suis pas. Devant moi sur mon bureau est posée la boîte d'Euphoria. 1 seule partie à son compteur. pourtant un super jeu . inexploité, survolé.
Papa66
Papa66
Un article bien dans l'air du temps, et tout de même un peu trop moralisateur et culpabilisant à mon gout... Je ne sais pas si les jeux vont dans le sens des thématiques de l'actualité mais cet article oui, en tout cas, en terme de politiquement correct, on ne peut guère faire mieux. Je crois avoir lu après le même article sur ludovox ou vindjeux. C'est la mode. Pauvre Europe qui ne parvient plus à faire quoi que ce soit dans quelque domaine que ce soit sans devoir se flageller et culpabiliser. On aimerait pouvoir lire autre chose lorsque l'on vient sur un site de jeux et d'évasion, vu que nous ne lisons plus que ce genre d'articles absolument partout. L'auteur se croit-il obligé de passer sous les fourches caudines des censeurs moralisateurs qui ont totalement circonvenu la quasi totalité des médias et des réseaux sociaux en particulier ? Il faut sans doute raison garder. Que pèse sérieusement la production de certaines grosses boites de jeux en plus que les anciennes en terme de production de CO2 à l'échelle de la planète ? Une goutte d'eau dans l'océan ? Moins ? Je serais beaucoup plus en phase avec l'auteur s'il traitait des jeux video, lourds consommateurs de bande passante et de ressources. Le jeu de société, précisément, une fois produit est le plus "low tech" (pour suivre la mode) des loisirs. Des heures et des heures de plaisir sans consommation de ressources d'aucune sorte. On jouera toujours avec nos meeple quand le monde aura épuisé sa dernière goutte de pétrole. Par ailleurs, le consommateur est-il contraint par kickstarter de se jeter frénétiquement sur toutes les offres ? Non. La liberté implique la raison. Il y a une telle production qu'une masse de jeux se ressemblent désormais. On ne rate pas grand chose à faire l'impasse sur une grande majorité des sorties. La liberté va de pair avec l'information pour mener sa vie et faire ses choix. L'information est partout. Il est aisé de faire ses choix en connaissance de cause. Accumuler n'a guère de sens et relève plus de la compulsion que du plaisir de jouer. Et puis, seuls les riches pourraient jouer à des jeux de reflexion... ? Le marché de l'occasion est une mine d'or où je fais régulièrement tous mes achats à bon compte. Et surtout, depuis quand les grosses boites gorgées de matos façon Zombicide ou Joan of Arc sont-elles les meilleurs supports à la reflexion ? Permettez moi d'en douter lourdement. Vous voulez une liste de vrais jeux de vraie reflexion à très bas prix ? Commencez par le Go ou les échecs, vous en aurez pour toute une vie. Explorez qqs bons vieux wargames dont la production a été légion et qui se trouve désormais souvent à très peu chers pour poursuivre. En matière de jeux de société, la liste de très bons jeux à petits prix est vraiment très longue. Il suffit de fouiner. Bref, ce sont surtout les nouveautés en jeux de figurines sont chères. Ces boites sont-elles d'ailleurs vraiment nouvelles ? Sauf exception, c'est bien loin d'être le cas tant les mécanismes se ressemblent souvent. Les producteurs ont besoin de créer de l'envie pour vendre de "nouveaux" jeux avec force de publicité. Tous les moyens d'information sont aujourd'hui à disposition (à commencer par l'énorme masse d'information que contient ce site) pour éviter de tomber dans le panneau et acheter un bon jeu adapté à nos souhaits. Bref, j'adhère peu à l'article. Si vous avez été traumatisé par Greta Thunberg et que vous ne vous sentez plus capable de faire quoi que ce soit dans votre vie (et là je vous plains bien...) sans vous demander si c'est bien ou mal, passez des heures et des heures à jouer à nos bons vieux jeux de société : la planète ne s'en portera que mieux. Et face à l'avalanche de jeux produits, faisons preuve de discernement et rappelons nous ce qu'aurait dit Socrate un jour en traversant le marché d'Athènes : "Que de merveilleuses choses dont je n'ai pas besoin...".
TeaMan
TeaMan
Vous n'êtes pas le premier à tenir ce genre de critique face à cet article mais je m'étonne d'une chose. En fait, vous êtes d'accord. Vous êtes d'accord pour dire que la quête de nouveauté est vaine. D'accord pour dire que, pour tout une partie de l'industrie, les boîtes se remplissent sans que l'intérêt ludique s'en trouve augmentée. D'accord pour dire que finalement, nous, consommateur on pourrait se contenter de moins et qu'on s'en portera pas plus mal. Voire même mieux. Alors c'est quoi le problème ? C'est juste le fait de l'exprimer à haute voix ?

En effet, je n'invente rien. Toute personne un tant soit peu informée sait que consommer a des conséquences. Qu'on vit dans un système qui se base sur l'exploitation d'une partie de la population mondiale et des ressources de la planète. Et faudrait pas le dire. Pourquoi ? Parce que ce serait moralisateur et culpabilisant. Si jamais on attrape un incendiaire alors qu'il est en train d'allumer un feu. Vous pouvez imaginer qu'il se défende en disant que le simple fait de le juger (pas même de le condamner, hein, juste le juger) est "moralisateur" et "culpabilisant" ?

Alors évidemment toute analogie a ses limites. Nous vivons dans un système qui nous pousse, voire nous impose à faire l'incendiaire. Alors il y a des alternatives dont certaines que vous avez énumérées. Finalement, à vous lire, vous le suivez déjà ce raisonnement. Et vous avez changé vos habitudes de consommation en conséquences. Finalement, le seul élément sur lequel je ne suis pas d'accord avec vous, c'est que vous n'êtes pas d'accord avec vous. Vous êtes d'accord avec moi. Du coup, vous n'avez aucune raison d'avoir mauvaise conscience ou de vous sentir coupable.
jipouille
jipouille
Ce qui m'amuse c'est qu'on reçoit plusieurs milliers de stimuli publicitaires par jour et que personne ne s'en offusque, par contre quand un très bel article invite à la modération, les critiques pleuvent, notre société de consommation a encore de beaux jours devant elle avec de tels chiens de garde.
Essayer Coludik, partager votre ludothèque, en plus vous ferez de belles rencontres...
daamdam
daamdam
C'est pas le sujet mais j'ai moi aussi pensé à cette plateforme à la lecture de cet article. Essayez Coludik !
jmguiche
jmguiche
J’aime bien la redéfinition de l’élite sous jascente à la conclusion. « L’élite, c’est le groupe dont je fait partie ».

Pour en revenir au sujet, ce ne sont pas les éditeurs qui font la tendance. Ce sont les joueurs.
Ce sont les joueurs qui achètent des jeux, qui veulent, ou acceptent, de plus en plus de plastique et 3 kg de matériel pour un jeu qui servira 3 fois.
Ce sont les joueurs qui « bavent », « moubourré », « mon précieux », « il sera mien », « all in » (Pour suivre la chronologie du jargon trictracien). Les éditeurs eux sont là pour gagner leur vie, avec l’éthique et la morale qui sont la leur. Certains en ont, d’autres pas. Ceux qui n’en n’ont pas ne peuvent agir sans la « complicité » active de leurs clients. Un industriel produit ce qu’il peut vendre, il ne vend pas ce qu’il peut produire.

Notre conception de la liberté d’entreprendre nous autorise à vendre 20 grammes de jambon dans 80 grammes de plastique. Il y aura toujours des gens pour acheter et donc des gens pour produire.

L’idée même de produire/acheter un truc aussi futile qu’un jeu quand il est fabriqué avec des ressources non renouvelables devrait révulser tous ceux d’entre nous qui sont parents. Il n’en est rien.
TeaMan
TeaMan
On ne peut pas vendre un jeu si personne ne l'achète. On ne peut pas acheter un jeu si personne ne le produit. Bref, qui de l'oeuf ou de la poule ? Les consommateurs ont une part de responsabilité. Les éditeurs aussi.
jmguiche
jmguiche
« La manière la plus simple et la plus efficace pour se sentir innocent est de se persuader qu’un autre est coupable »
Moi, 2 novembre 2019
jmguiche
jmguiche
Qui de l’œuf ou la poule ?
Évident dans notre monde. Il est des jeux produits qui ne se vendent pas. C’est donc bien le client qui décide, qui a le dernier mot.

Toutes choses, légale entre autre, égales par ailleurs :
« S’il n’y avait pas des acheteurs de xxx, il n’y aurait pas de vendeurs de xxx » fonctionne
Alors que
« s’il y avait des vendeur de xxx, il y aurait des acheteurs de xxx » ne fonctionne pas.
Nicky Larson
Nicky Larson
J'aime beaucoup ta définition de l'innocent =)
Tellement vrai.
Pawn !
Pawn !
Tu inverse mal la proposition :
"S'il n'y avait pas de vendeurs de xxx, il n'y aurait pas d'acheteurs de xxx." fonctionne très bien AUSSI.
Nous avons donc affaire à une apparition simultanée de l'oeuf et la poule en ce qui concerne la production et la consommation.
Quoi qu'il en soit, jai quand même tendance à penser que le consommateur de base ne demanderait pas des trucs spéciaux s'il ne les avait pas vus auparavant.
jmguiche
jmguiche
Ce que je veux dire c’est que c’est l’acheteur qui décide ou non d’acheter. Donc non, cela ne fonctionne pas vraiment.
Il,peut très bien y avoir des acheteurs de xxx , des gens qui veulent xxx sans que l’offre soit là, donc sans vendeur. Il n’y a pas de vendeur de Ferrari neuve à 100 euros, ou du prochain iphone magique, il y a pourtant plein d’acheteurs potentiels.
Certes, l’offre peut précéder la demande, c’est le cas de tout nouveau produit. Mais s’il n’y a pas d’acheteur, il n’y a pas de vente et rapidement plus de production.
Le producteur est, dans bien des cas, cynique et amoral. On le sait. C’est le propre du capitalisme et de la libre entreprise. Sa responsabilité est donc totale. Mais l’acheteur, en consommant, l’est autant, voir plus : La décision finale est uniquement celle de l’acheteur.

On peut considérer que « le marché » est une machine sans âme apte à proposer tout ce qui est légal et rentable, indépendamment des considérations morales ou environnementales. (BFM business titre :"1 pmanager sur 5 est psychopathe ").
L’acheteur décide donc de ce qui sera véritablement vendu / produit ou pas.
Le législateur décide de ce qui sera legal, mais il le fait, en démocratie, mandaté par l’ensemble des citoyens, donc des acheteurs. (Le nombre de personnes qui, dans les entreprises, décident, est négligeable et de toute façon ce sont aussi des acheteurs).
L’acheteur, de plus, n’a pas besoin d'être « à la traîne du législateur » pour décider de ne pas acheter. Il a tout pouvoir donc toute responsabilité s’il est informé.

Quand tu achète 20 kg de plastique qui ont fait 3 fois le tour du monde tu es totalement conscient et responsable de ton acte. Personne, même le fabricant, ne t’as obligé à le faire.
jmguiche
jmguiche
On ne doit plus dire assez aux enfants « c’est pas parce que ce petit voyou qui te sert de copain l’a fait ou t’as proposé de le faire que tu n’es pas responsable (et donc puni) ».
« Un exemple n’est pas forcément un exemple à suivre » (camus semble t il)
jmguiche
jmguiche
Aller... un peu de Sartre si y’a du Camus...
« Dans la vie on ne fait pas ce qu’on veut mais on est responsable de ce qu’on est » et « être libre c’est savoir dire non »
TeaMan
TeaMan
Dans le monde que vous présentez, l'acheteur est un être libre, omniscient et omnipotent. Je ne le crois pas. Je crois que c'est plutôt une image qu'on essaye de nous vendre. C'est pas de la faute du système, c'est de NOTRE faute, à nous consommateur. Et ce, même si lorsque nous consommons nous avons tout un tas de contraintes (j'ai eu beau essayer, je peux pas arrêter de me nourrir), qu'on nous manipule en permanence (dixit l'usage massif du champ lexical de l'irrésistibilité dans la publicité ("vous allez craquer pour...", "vous ne résisterez pas à...") ), que nous n'avons pas toutes les informations (qu'on tente bien souvent de nous cacher voire de nous induire en erreur) et que nous faisons avec les moyens que nous avons (en temps, en argent, en résistance mentale face à un enfant qui pleure...). En fait, c'est un peu comme la démocratie, l'électeur comme le consommateur décide... dans la limite des choix qu'on lui laisse.

Mais bon... On s'est quand même éloigné du "petit" milieu du jeu de société avec tout ça.
jmguiche
jmguiche
@teaman : vous donnez tout le sens au deux citations de Sartre.
Je n’ai pas dit que c’était facile ni même que j’y arrive !
daamdam
daamdam
Après avoir vu passer Socrate, Sartre et Camus, je pose du Coluche : "Quand on pense qu’il suffirait que les gens n’achètent plus pour que ça ne se vende pas !"
jmguiche
jmguiche
« Mais c’est pas ma faute si j’achète, c’est la faute aux gens qui vendent »
al69
al69
il n'y a rien de blanc ou noir et le vendeur aussi à sa part de responsabilité ! il ne faut pas sous estimer les forces de vente pour pousser les consommateurs à consommer... lorsque on se rend compte du nombre d'études menées avec pour sujet les mécanismes de la prise de décision menant à l'acte d'achat il y a de quoi tomber de sa chaise et crier à la manipulation ! :-D
quant au sujet initial sur le thème des jeux, bah en fait le jeu de société ne fait qui suivre ses grands frères que sont la littérature, le cinéma ,voire le jeu vidéo y compris sur smartphone !
Wolfwood
Wolfwood
Ramassis d'inepties et de poncifs, mélangeant tout et son contraire sous des attitudes moralisatrices. On parle capitalisme, colonialisme, écologie, guerre séculaire entre les vrais joueurs, ceux qui donnent dans la stratégie et ces jean-foutre du jeu d'ambiance. Très étonné qu'on ait pas un plaidoyer féministe dans un des paragraphes ou une ligne pour dire que les grosses boites de l'industrie emploient des enfants du Laos pour conditionner des pions construits dans de l'amiante. Vous ne vous reconnaissez plus dans le monde du jeu de société devenu, peut être, un peu trop grand public à vos yeux ? Et bien, il va falloir vous y faire... ou faire autre chose, si c'est aussi crispant, les loisirs ne manquent pas. Des trucs vous gênent dans l'industrie capitaliste qui produit toujours plus ? Allez donc vivre sans rien sur le dos dans une grotte parce qu'on est tous coupable de quelque chose. Et sinon oui, le marché du jeu de société est en plein boum, il y a de plus en plus d'acteurs, de plus en plus d'offres, de plus en plus de moyens de faire vivre cette industrie et même dans certain cas, même si le mot est peut être un peu sale chez les bien penseurs, de consommer le jeu. Est-ce qu'il y a des dérives ? Oui. Est-ce que l'exposition de certains jeux est méritée, gros blockbusters plein de thermoformage par rapport à des bons concepts mais minimalistes ? Non. Merci, ça tient en deux lignes. Et en plus c'est le cas dans toute forme de divertissements ou même, soyons dingues, d'Art, parce que le jeu de plateau peut aller aussi dans cette direction. Et cela depuis toujours. Arrêtons de chercher des morales partout et de se croire meilleurs qu'on ne l'est, ça devient terriblement flippant. Le besoin d'utopisme forcené dans lequel on vit en ce moment, visant un monde sans pollution, sans gaspillage, sans sens critique, sans humour, sans défaut est totalement hypocrite. Oui, on peut changer des choses. Certains même diront qu'on le doit, sans jamais apporter de vraies solutions, d'ailleurs. Mais rentrons nous dans le crane que le monde sera imparfait, toujours. Il y aura toujours des riches et des pauvres, des bébés phoques morts sur la banquise et visiblement plus grave, des jeux de rôles vendus plus de quarante euros. Arrêtons de tout politiser, analyser, l'industrie du jeu de société est importante mais ça ne reste, malgré tout, d'un certain point de vue, que du jeu. On est sur TricTrac, pas à une convention de Greta Thunberg, nom d'une pipe en bois (un bois recyclé et écoresponsable, je précise pour ceux qui ont déjà des vapeurs). Le monde devient assez anxiogène et, pardonnez moi, chiant sans qu'on se retrouve à foutre du réchauffement climatique et du marxisme dans mon Splendor!
Empédocle
Empédocle
Tiens !? Après un ramassis de poncifs, une logorrhée d'anti-poncifs... Décidément les poncifs volent bas... Ce doit être l'automne.
Wolfwood
Wolfwood
Le contre-argumentaire à son meilleur! Une phrase lapidaire, sans chercher à ouvrir un peu plus le débat, on va aller loin avec ce genre de réactions. Peut être d'ailleurs parce que des arguments, personne n'en a vraiment. Centres de nos propres univers, on s'imagine être dans le vrai et on ne cherche plus à respecter l'avis des autres on préfère tous désinformer, contredire d'une petite phrase assassine et à ce jeu là encore, on est tous coupable, le but étant de trouver un moyen de se faire entendre. En attendant, si le but n'est que contredire parce que j'ose avoir une opinion différente, je ne vais certainement pas me lancer dans un débat sans fin pour tenter de vous faire entendre raison ou du moins d'échanger, vous n'en avez pas la profondeur, votre avis se résumant à vouloir me donner tort plutôt qu'à réfléchir ou comprendre un ressenti. Peut être faut-il changer des choses dans notre société, notre façon de consommer, le plastique c'est pas bien, heureusement que cet article était là pour nous l'apprendre, vous avez raison. Mais votre message me prouve que plus que tout, c'est notre façon d'échanger qui a toujours été le vrai problème de notre société. Ai-je été un peu cassant dans ma réponse ? Sans aucun doute mais pas plus que cet article, c'est du moins mon ressenti. Et quoiqu'il arrive ce que je dis a un peu de sens, sans prétendre être la science infuse pour autant, bien plus qu'une vague punchline lancée à la volée. Au point que, finalement, dans mon message de base, je ne garde que l'idée des poncifs pour qualifier cet article. L'ineptie vous est réservée.
Empédocle
Empédocle
Honoré que vous preniez tant de lignes pour m'adresser ce message. Je n'attendais aucune réponse,, je ne débat de rien ici. Je ne vous donne ni tort, ni raison j'ironise seulement et vous invite à analyser la forme et le fond de vos interventions pour vous rendre compte que vous ne débatez pas... vous invectivez sans doute, exprimez votre mauvaise humeur peut-être, vous affirmez sans plus d'arguments et donnez l'impression de crier très fort...
Bonne journée à vous.
TeaMan
TeaMan
Ah, c’est la première fois qu’on me reproche ma bien-pensance dans le milieu ludique ^^ ! Remarquez ce n’est pas du tout un problème, j’assume complètement. J’assume que ces réflexions nous mettent un peu le nez dans notre caca de consomma-joueur. Parce que j’en suis un et que le recul que je prend est autant sur les habitudes des autres que sur les miennes. C’est d’abord à moi-même que je donne des leçons.

Vous dites que je me plains de la popularisation du jeu de société. Certains passages de mon article sont peut-être confondant parce que ce n’est pas du tout ce que je pense. Nous nous rejoignons, je crois, sur l’idée qu’il ne faut pas hiérarchiser les publics et leurs attentes. Dans mes propos, je regrettais avant tout qu’une hausse des prix des jeux dits “experts” qui sont déjà difficile d’accès en raison du niveau d’implication (et de culture ludique) qu’ils réclament ne le soit encore plus, ne favorisant pas une ouverture plutôt bienvenue.

Après, je ne vous rejoins pas sur une posture que vous défendez et qu’on me rétorque souvent. Cette idée, très Orwellienne finalement, qu’il faudrait éteindre son cerveau et se contenter de consommer et de kiffer. Le résultat de cette attitude, c’est une société inégalitaire sur le point de s’autodétruire autant écologiquement, qu’économiquement. Et c’est ça qui me déprime personnellement. Plus en tout cas que les gens qui s’en plaignent, même s’ils n’ont pas forcément de solutions toutes-faites à offrir.

Ce que je remarque enfin, c’est que finalement vous validez certaines des inepties que vous dénonciez en premier lieu. Vous admettez que certaines choses ne vont pas. Vous semblez seulement avoir baissé les bras. C’est compréhensible. Il est plus simple d’accepter l’injustice du monde plutôt que de s’y opposer. Je regrette malgré tout que vous vous agaciez autant de ceux qui n’ont pas encore abandonné l’idée d’améliorer les choses. Et là, rassurez-vous, je ne parle pas de moi. Car je ne suis qu’une grande gueule qui ne sait faire qu’écrire. ^^
Wolfwood
Wolfwood
Mouais, un peu condescendant quand même. Si je pense différemment, c'est que j'ai mal compris. Et peut être que si j'avais les mêmes idées, je serais moins fainéant, vu que j'ai baissé les bras. Je pensais avoir été un peu fougueux mais finalement, j'avais bien compris: on enfonce des tas de portes ouvertes pour se donner de la consistance mais lorsqu'on demande de proposer des solutions... . Et qu'on ne me réplique pas que c'est à moi de le faire, je n'ai pas écrit d'article. Je me contente de faire ce que je peux à mon niveau plutôt que donner des leçons. C'est cette attitude aussi qui amène à l'inertie. Mais là je saisie que la cause est perdue. Alors disons que pour moi vous êtes un poseur et que pour vous, je suis un âne et restons en là.
TeaMan
TeaMan
Je n'ai pas grand chose à rajouter. Vous avez concentré votre argumentation sur mes propos sans faire d'attaques personnelles et sans utiliser d'arguments pernicieux. C'est une posture que je respecte. Nos points de vue sont inconciliables mais ce n'est pas grave. Je suis un poseur pour vous, ce qui est sans doute un peu vrai, mais pour moi vous n'êtes pas un âne.
ston
ston
Merci pour cet article, en lien avec quelques réflexions persos dernièrement faîtes sur un réseau social.
Je vais dans le sens de Sebduj, il est difficile de vivre uniquement avec un tirage à 3000 boîtes par an...à moins que !
A moins qu'on trouve des solutions pour que ce qui a été produit les années précédentes ne disparaissent pas du jour au lendemain. Quand on a passé plusieurs années à développer un jeu, il devient pour moi ubuesque de le voir disparaître en quelques semaines.
Les joueurs zappent très rapidement, du coup il faut sortir des jeux encore plus vite que la vitesse du zapping...où cela s'arrêtera-t-il ?
La défense des éditions passées d'une manière ou d'une autre (directement par l'éditeur et en connivence avec le distributeur), et afin que de petites quantités de jeux puissent permettre de faire vivre par accumulation, devrait être une voie.
Il y a désormais une part de la création dédiée aux mécaniques de jeux qu'il faut mettre au profit des "mécaniques de diffusion". Il faut (re)devenir créatif dans ce secteur de distribution. Ainsi, si je vis avec l'accumulation, je suis moins tenté d’inonder le marché avec ma dernière référence uniquement, moins de stress, moins de risque...et les éditeurs qui ont un catalogue permettant cela sont nombreux, avec de très bons jeux trop vite enterrés.
Monsieur Guillaume
Malgré les réflexions intéressantes qui, de l'article aux commentaires, montrent bien qu'il y a des joueurs/auteurs/éditeurs qui réfléchissent effectivement à ces données, je reste surpris :
Si je vais (un peu vite à mon goût moi qui aime les circonvolutions déclamatoires pour être précis) vers la généralisation du propos : "Ce secteur économique porteur, ça m'énerve qu'il soit un secteur... économique porteur !!!"
N'est-ce pas donc ainsi que l'Humanité fonctionne dans une société capitaliste libéraliste consumériste ? N'en déplaisent aux auteurs, n'en déplaisent aux éditeurs, n'en déplaise à moi-même ici à la rédaction, mais puisqu'il s'agit d'un secteur économique, cela ne veut-il pas dire que des gens souhaitent/veulent/doivent en vivre, économiquement ?
Qui pourra dire à quelque auteur que ce soit qu'il ne doit pas sortir de nouveaux jeux parce qu'il y en a trop ? Qui pourra dire à quelques éditeurs que ce soit qu'il ne doit pas éditer des jeux de telle ou telle façon pour lui donner, à ce jeu auquel il croit, le maximum de chance de trouver son public ?
Parce qu'il n'y pas le temps de jouer à tout ? Parce qu'il n'y a pas l'argent pour acheter tout ? Parce qu'il y a la planète ? Se pose-t-on ses questions sur la provenance des métaux précieux de nos chers (et chers, et polluant) smartphones ? Se pose-t-on la question lorsqu'on prent l'avion pour se rendre à Essen ? Se pose-t-on la question lorsqu'on propose un nouveau prototype à un éditeur ?
Personnellement, la seule chose qui m'interroge est : Qu'est-ce que je suis prêt à sacrifier moi-même, de l'ordre du confort personnel auquel je peux légitimement accéder, pour un "plus grand bien", pour un "bien plus global et moins personnel", voir pour le "bien d'autres individus" ?
"Si nous pensons à vous, c'est en fait égoïste Demain, nos noms, peut-être grossiront la liste [...] J'ai pas mauvaise conscience, Ça m'empêche pas d'dormir, Mais pour tout dire, ça gâche un peu le goût d'mes plaisirs, C'est pas vraiment ma faute si y'en a qui ont faim, Mais ça le deviendrait, si on n'y change rien"... ça ne date pas d'hier !
J'avais envie de répondre et partager mes réflexions, j'espère (et m'excuse de le faire si jamais j'ai raté) ne pas être donneur de leçon :) Voili voilou !
TeaMan
TeaMan
J'ai un peu de mal avec l'argumentaire "c'est pas moi, c'est la société", ni avec "de toute façon c'est pire ailleurs". Je ne peux pas (et ne veux pas) interdire arbitrairement aux gens de créer et de produire des jeux. Mais je peux réfléchir à mes attitudes de consommateurs et partager mes réflexions. Quant on fait remarquer aux éditeurs que qqes cartes dans une grande boite c'est un peu de gâchis et qu'il nous répond tristement "j'y peux rien c'est le marché" et bien il y a finalement qu'un chose à faire : changer ses habitudes de consommation et en parler autour de nous. Que faire d'autre ?
Monsieur Guillaume
Je n’en crois pas avoir jamais utilisé l’argumentaire « c’est pas moi, c’est la société » ni le « de toute façon, c’est pire ailleurs ».
Je ne fais également que partager mes réflexions en concluant quasiment comme vous :
« personnellement la seule chose qui m’interroge est : qu’est-ce que je suis prêt à sacrifier moi-même ?... etc »
TeaMan
TeaMan
Toutes mes excuses, j'ai cru lire que vous disiez que, finalement, le jeu de société était un marché capitaliste et que, par conséquent, ses évolutions actuelles étaient inaltérables et qu'il était un peu vain de s'y opposer. Comme j'ai cru que vous compariez le jds et les smartphones en vous demandant pq on se plaignait de l'impact écologique de l'un sans le faire pour l'autre (ce qui n'est sans doute pas vrai d'ailleurs). Mais j'ai dû de tromper. Au temps pour moi.
jmguiche
jmguiche
Alors moi, je ne suis pas prêt à sacrifier quoique ce soit à mon consumérisme effréné, mais en même temps j’ai pas de gosses... donc je n’ai pas à imaginer dans quel monde ils vivront quand ils auront mon âge si on continue comme ça.
Et je provoque un peu... 👺
Monsieur Guillaume
Cher(e) TeamMan,

C’est effectivement ce que j’ai dit et comparé... mais pas pour dire qu’il était vain de s’y opposer mais vain d’en vouloir à quelqu’un d’autre que soi-même.
Potentiellement vain de penser à la planète sans se faire de réflexion sur l’utilisation du net en faisant un article numérique... comme les smartphones ! Bref, j’ai toujours du mal à balancer sur les autres tant que je ne suis pas sûr qu’on ne puisse m’en balancer à moi-même au moins autant. C’est juste ça, ma conclusion :)
Cordialement et je ne vous dirai pas « bonnes parties » puisque vous arrêtez le jeu mais « bonne vie » 😇😉😊
kirali7009
kirali7009
monsieur guillaume n' pas ecrit « c’est pas moi, c’est la société » ni le « de toute façon, c’est pire ailleurs » mais c'est clairement ce qu'il exprime et que j'ai moi même ressenti en le lisant.
plutot immature comme attitude
derfred
derfred
Eu.... faut être juste : c'est un raccourci quelque peu malhonnête ça ! Il le pense peut-être mais il ne l'a pas écrit. Il assume sa culpabilité sans plus mais peut on lui en vouloir ? En fait un oui
derfred
derfred
Moi j'aime bien Monsieur Guillaume et je ne vais pas l'accabler simplement parce qu'il est honnête et qu'il ne se cache pas derrière de grands coups de gueule. C'est sûr que c'est pas agréable de le lire parce qu'il nous tend un miroir : ben oui si on se connecte sur Tric Trac c'est pour découvrir de nouveaux jeux qui vont nous permettre de passer de bons moments ensemble... bref, en fait, avoir des perspectives d'achat parce qu'il faudra bien passer par là avant de jouer.
Bien sûr un vie ux jeu de 32 cartes (complet) suffirait pour jouer ad nauseam à la belote ( du carton, une boite de jeu pleine à Toc, du beau matériel... et en plus on peut même jouer à d'autre jeux avec le même matériel)... ben oui mais non !
Après on peut noter qu'il y a des failles dans le raisonnement des marketeux ; que la créativité trouve vite ses limites et que pour une quantité des jeux chroniqués ici chaque année il y en a quand même un certain nombre que j'ai regretté d'acheter ; dont certains que M. Guillaume m'a vendu (disons le comme ça) alors que je ne suis pas sûr que lui même croyait ses arguments.
(hors sujet) Mais au fait il est où le Docteur Mops ?
spiritofnothing
Verrons nous bientôt arriver des boîtes de jeu labellisées d'une manière ou d'une autre ? ... matériaux recyclables ou recyclés, impact carbone faible (fabriqué en France), encres à l'eau, impression à la demande, bois écoresponsable ... Cela va obliger les fabricants et les éditeurs à faire preuve d'imagination et d'astuce dans le sourcing et la conception ?
Zemeckis
Zemeckis
Comme toute chose, s'il y a une demande, il y aura une offre. Bref, si les acheteurs sont prets à payer pour du matériaux recyclable et un impact carbone faible, alors les éditeurs le feront.